30/04/2008 16:53:02
In your opinion, how effective is fasting as a political tool?
How dependent is fasting on media coverage?
BIOLOGIE
Jeûner pour la Justice
Les Sept Années de Grève de la Faim de Irom Sharmila
Venez à la rencontre de Irom Sharmila, une activiste politique qui mène une lutte non-violente contre la violence cautionnée par l'état dans l'état de Manipur, Inde, où elle est née. Depuis sept années, elle a utilisé son corps comme arme politique, se laissant mourir de faim pour protester contre le Armed Forces Special Powers Act (AFSPA). Cette loi donne tous pouvoirs aux militaires en Inde. Bien que le jeûne de Sharmila soit l'exemple puissant et plein d'inspiration d'une femme qui utilise son corps pour exiger un changement politique, elle n'a pas encore réussi à faire abroger le AFSPA.
En Septembre 2005, la cinéaste indienne Kavita Joshi a interviewé Irom Sharmila et l'a filmée pour un documentaire intitulé Tales from the Margins. Ce qui suit est un extrait de ce documentaire, ainsi qu'une version mise à jour de l'article de Joshi "Irom's Iron in the Soul."
Ses yeux sont perçants et attentifs. Son nez, couvert d'un morceau de ruban adhésif médical, est défiguré par un tube jaune qui force son chemin dans sa narine gauche. Ses lèvres sont serrées, comme par la douleur. Elle est assise, soutenue par un mur nu, s'étreignant sous une couverture. C'est Irom Sharmila, une femme originaire de Manipur qui a été incarcérée dans le quartier de sécurité de l'hôpital Jawaharlal Nehru, Manipur, pour son crime : avoir jeûné. L'inculpation: tentative de suicide.
Cela lui demande un effort énorme pour parler, mais elle est déterminée: "Comment puis-je vous expliquer? Ce n'est pas une punition. C'est mon devoir impérieux à mon meilleur niveau."
Irom Sharmila n'a pas mangé depuis plus de sept ans, ne survivant que grâce à une perfusion nasale permanente et douloureuse. Depuis le 2 novembre 2000, Sharmila a entrepris une grève de la faim jusqu'à la mort, exigeant la suppression complète du Armed Forces Special Powers Act de 1958.
Le AFSPA est une loi qui donne l'autorité aux forces armées indiennes d'arrêter, de rechercher et de détruire la propriété sans mandat, ainsi que d'ouvrir le feu et même de tuer sur de simples présomptions. Le Manipur est soumis à cette loi depuis 1980.
Sharmila a commencé sa grève de la faim épique calmement. C'était un jeudi, comme tous les autres jeudis de l'année. Mais ce jeudi-là, les insurgés manipuris ont bombardé un convoi du Assam Rifles (le personnel de sécurité indien) près de la ville de Malom dans l'état de Manipur. En représailles, les hommes en uniforme ont tué dix civils. Une opération de fouille brutale s'en est suivie.
Ce genre de violence n'était pas nouveau pour les habitants du Manipur, mais pour Sharmila cet incident fut la goutte proverbiale qui a fait déborder le vase. "Il n'était pas possible d'empêcher d'autres violations par les forces armées", déclare-t-elle. La grève de la faim était son seul moyen de protester et d'attirer l'attention sur cette situation insupportable.
Depuis ce décisif jeudi, le frêle corps de Sharmila est devenu un champ de bataille. Au bout de quelques jours, elle a été arrêtée, inculpée de "tentative de suicide" et mise en prison. Elle a refusé la mise en liberté sous caution et a refusé d'interrompre son jeûne. Encore et encore, les tribunaux l'ont relâchée (elle ne peut être gardée en détention préventive pour tentative de suicide que pendant une année à la fois). Mais à chaque remise en liberté, elle continue simplement son jeûne, est arrêtée de nouveau et était nourrie de force par le nez.
Après avoir été libérée de prison en octobre 2006, elle est partie en secret à New Delhi avec son frère et deux autres activistes. Elle a campé au bord de la route dans une ville brûlante et frappée par la fièvre et a continue à jeûner en espérant attirer l'attention sur la cause qu'elle défendait. Elle n'a reçu aucune couverture médiatique.
En mars 2007, elle est retournée dans le Manipur. Quelques heures après son retour soi-disant « libre », elle a été arrêtée de nouveau.
En avril 2007, elle a été honorée du Prix Gwangju pour les Droits de l'Homme. Ce prix est associé à une récompense de 125 000$, somme que Sharmila a reversée aux victimes des violations des droits de l'homme dans l'état de Manipur.
Voici ce que Sharmila a déclaré à propos de son jeûne pour la justice:
Pourquoi avez-vous entamé cette grève de la faim?
Pour le bien de ma patrie. A moins et jusqu'à ce qu'ils abrogent le Armed Forces Special Powers Act de 1958, je ne mettrai pas de terme à mon jeûne.
Pouvez-vous me parler de l'incident qui est à l'origine de votre jeûne ?
J'y étais allée [à Malom] pour participer à une réunion. Cette réunion avait pour but de planifier un rassemblement pour la paix qui aurait lieu quelques jours plus tard. J'ai été très choquée de voir les corps à la première page des journaux. Cela a renforcé ma décision de faire le pas sur ce seuil de mort. Parce qu'il n'y avait pas d'autre moyen d'arrêter la poursuite des violations par les forces armées contre des innocents. J'ai alors pensé que le rassemblement pour la paix n'aurait pas de sens pour moi, à moins que je ne fasse quelque chose pour changer la situation.
Mais pourquoi une grève de la faim à mort?
C'est le seul moyen que j'ai. Parce que la grève de la faim est basée sur la spiritualité.
Et les effets qu'a cette grève de la faim sur vous, votre santé et votre corps?
Cela n'a pas d'importance. Nous sommes tous mortels.
Etes-vous certaine que c'est vraiment la meilleure façon, d'infliger ce traitement à votre corps?
Ce n'est pas une affliction. Ce n'est pas une punition. Je pense que c'est mon devoir impérieux.
Comment est-ce que votre famille réagit à votre jeûne?
Ma mère connaît tout de ma décision. Même si elle est illettrée et très simple, elle a le courage de me laisser remplir mon devoir impérieux.
Quand avez-vous vu votre mère pour la dernière fois?
Il y a environ cinq ans. Nous avons un accord entre nous, elle ne me verra que lorsque j'aurai accompli ma mission.
Cela doit être très dur pour vous deux...
Pas très dur... Parce que, comment vous expliquez, nous venons tous ici avec une tâche à accomplir. Et nous venons tous ici seuls.
Pourquoi êtes-vous en détention préventive?
Ce n'est pas ma volonté. Mais l'Etat insiste pour dire que c'est [la grève de la faim] illégal.
Le gouvernement dit que votre grève de la faim jusqu'à la mort est une tentative de suicide, ce qui constitue un délit...
Même si ils le pensent, je n'ai aucune envie de me suicider. En tout cas, si j'étais suicidaire, comment pourrions-nous communiquer comme ça, vous et moi ? Mon jeûne est un moyen, puisque je n'en ai pas d'autre.
Combien de temps êtes-vous préparée à continuer comme ça?
Je ne sais pas. Même si j'ai de l'espoir. Ma position est pour la vérité et je pense que la vérité finit toujours par gagner. Dieu me donne du courage. C'est pourquoi je suis toujours en vie grâce à ces moyens artificiels. (Elle indique le tube qui entre dans son nez.)
Comment se passe vos journées à l'hôpital?
Je pratique le yoga pendant une grande partie du temps. Cela m'aide à garder mon corps et mon esprit sains. (Elle désigne à nouveau le tube.) Ce sont les circonstances qui rendent les choses naturelles. Malgré que ce (elle tire sur le tube) ne soit pas naturel, c'est naturel pour moi.
Qu'est ce qui vous manque le plus?
Les gens. Comme je suis prisonnière ici [à l'hôpital], personne ne peut venir me voir sans permission. Donc les gens me manquent beaucoup.
Si vous pouviez faire un vœu, quel serait-il?
Mon voeu? Que nous ayons le droit à l'autodétermination en tant qu'êtres rationnels.
Pensez-vous que le AFSPA sera abrogé? Est-ce que vous obtiendrez ce pour quoi vous vous battez?
Je me rends compte que ma tâche est difficile. Mais je dois tenir bon. Je dois être patiente. Ce jour heureux arrivera. Si je suis toujours en vie. Jusque là, je dois être patiente.
Le temps qui nous était imparti est écoulé et l'équipe et moi nous préparions à partir quand Sharmila nous a arrêté pour nous dire:
Voudriez-vous m'aider? J'aimerais lire l'histoire de la vie de Nelson Mandela. Je ne sais rien de sa vie. Est-ce que vous pourriez m'envoyer un ouvrage sur lui? Il y a beaucoup de restrictions ici. Veillez bien à l'adresser au quartier de sécurité. Sinon je pourrais ne pas le recevoir.
Publié à l'origine dans le magazine Tehelka, "Irom's Iron in the Soul," a été reproduit avec l'aimable autorisation de Tehelka.
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30/04/2008 16:53:02
In your opinion, how effective is fasting as a political tool?
How dependent is fasting on media coverage?
02/05/2008 15:48:51
Wow. Whenever I hear about starving and women, I immediately think of eating disorders - not hunger strikes! I had not heard of Irom Sharmila before reading this story. Thank you for giving her story and her plight more visibility in the International community.
30/04/2008 16:45:22
Read more about Irom Sharmila, and download a resource kit on this issue, on my blog.
Read regular news updates about Irom Sharmila’s protest at Manipur Freedom.
Watch my short film on Irom Sharmila entitled “My Body My Weapon” on Why Democracy?
Find picture galleries on Irom Sharmila on E-Pao Web site.
Send Sharmila an e-mail of support through the 1000 Peace Women Web site.
15/05/2008 18:25:48
I'd be interested in people's responses to Sanja's question. I must admit, the idea of hurting oneself to make a point makes me uncomfortable. However, if it's an effective way of creating change, that's important to take into consideration.
02/06/2009 19:55:54
Dear Sanja
As far as Irom Sharmila is concern, she choose such a political approach which is i should say ,more effective in madia . In manipur, now a days , specially the political system is set up in such a way that nobody dares to cross the thin line of freedom vs oppressed by totalitarianism. Being a Manipuri , i do understand the impossibilities of conventional approach. And as media is concern, the power of media , media activism has a good amount of significance in Indian context recently.. Finally to draw the public opinion and target audience, she has to have keep in touch with media... it is likely to continue her journey to freedom as a last resort.
thanks
22/11/2009 00:05:43
I am a little late for the discussion. About ten per cent of anorexics are young men. In addition to food disorders the West tends to acknowledge fasting, hunger strike and dieting as legitimate forms of behaviour. I once began a seminar on anorexia with Does a woman have the absolute right to determine what happens to her own body. I really don't want to give a lecture but this is not a case of a food disorder even by western standards. Nor is it a case of self-harm to achieve an end. In the West it is termed the double effect. In India she probably doesn't need to explain the political aspect of indefinite fast because of the example of Gandhi-ji. Having said all that it is a very disturbing course of behaviour, only when you read more about the vile barbaric behaviour of men of violence on all sides it doesn't make sense of it but yes I should hate ever to be so clever and wise that I understood and was no longer disturbed by it.
23/05/2013 10:39:56
I had already understood this very well thank you
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