POUVOIR
Agent Norvégien du Social – et du Changement
Gro Harlem Brundtland, la Première et Seule Norvégienne Premier Ministre
Gro Harlem Brundtland, première femme à avoir occupé le poste de Premier Ministre en Norvège, a toujours su ce qu'elle voulait faire quand elle serait grande : deux choses - médecin-et femme politique. Des décennies plus tard, lorsqu'un photographe est tombé malade dans l'avion au cours de sa campagne, il y avait un médecin à bord. Le Premier Ministre elle-même l'a soigné.
« Il y a une connexion très proche entre le fait d'être médecin et personnage politique », déclarait-elle en 1989 au cours d'une interview pour Time. "Le médecin essaie d'abord de prévenir la maladie et essaie ensuite de la traiter si elle survient. En tant que personnage politique, vous essayez exactement de faire la même chose mais dans le cadre de la société."
Mme Brundtland a travaillé dans le système de santé publique norvégien et a occupé le poste de Ministre pour les Affaires Environnementales avant de diriger la nation en tant que Premier Ministre. Non seulement elle fut la première femme Premier Ministre, mais elle fut aussi la plus jeune et dirigea un cabinet composé presque à 50% de femmes. Gro Harlem Brundtland a poursuivi sa carrière en devenant Directeur Général de l'Organisation Mondiale de la Santé. En 2007, elle a été nommée Représentante Spéciale auprès des Nations Unies pour le Changement Climatique.
"Nous sommes venus ici pour répondre à l'appel de milliards de femmes. Notre génération doit répondre à cet appel. Il est indéniable que nous avons fait des progrès. Mais la mesure de notre succès dépendra de la volonté de nous toutes de réaliser ce que nous avons promis.
Maintenant, nous devons aller de l'avant. L'histoire de toutes les luttes de libération nous raconte que la vie, la liberté, l'égalité et l'opportunité n'ont jamais été des biens donnés, ils ont été pris. Nous ne pouvons pas maintenir l'illusion que quelqu'un d'autre va faire le travail... Les femmes et les hommes travaillant avec nous, des hommes qui comprennent, tous nous devons lutter pour cette liberté. De nos jours, nous savons que les contributions des femmes dans l'économie sont décisives pour la croissance et le développement social. Nous savons que les pays continueront à vivre dans la pauvreté si les femmes restent sous le talon de l'oppression. Nous connaissons les coûts qu'engendre un apartheid de genre persistant.
Aujourd'hui, il n'y a pas un seul pays au monde - pas un - où les hommes et les femmes jouissent d'opportunités égales. Donc nous devons rentrer de Beijing - rentrer chez nous pour changer les valeurs et les attitudes... Nous devons aller dans les salles de conseil, dans les banlieues d'Europe et d'Amérique du Nord, dans toutes nos communautés locales, auprès de nos gouvernements et au quartier général des Nations Unies. C'est là que le changement est nécessaire... au Nord comme au Sud.
Non seulement les femmes doivent se libérer et être de taille à faire des choix pour leur propre vie. Non seulement les femmes doivent avoir le droit, le droit formel et protégé, de prendre part à la formation de la société. Non, bien plus, les femmes doivent exercer ce droit. Le pouvoir des femmes est une force formidable. Nous avons besoin des femmes à tous les niveaux de management et de gouvernement - gouvernement local comme national... Il y a des cabinets et des parlements dans le monde avec peu, voire pas de femmes en leur sein. Cette situation ne peut pas et ne va pas continuer. Et si la transition vers une représentation politique plus réelle est lente, des mesures anti-discriminatoires en faveur des minorités amèneront le changement. Ça a été le cas en Scandinavie.
Nous adoptons une Plateforme d'Action globale. Tous ces éléments sont importants dans ce programme pour le changement. Laissez-moi me concentrer sur certains de ces éléments irrésistibles. Nous sommes d'accord sur le fait que l'éducation des femmes est essentielle, le Rapport sur le Développement Humain de cette année l'indique très clairement. Les retours économiques sur les investissements dans l'éducation des femmes sont pleinement comparables à ceux des hommes. Mais les retours sociaux qui suivent l'éducation des femmes excèdent de loin ceux obtenus suite à l'éducation des hommes....
On peut dire que la violence domestique envers les femmes fait partie d'un « schéma culturel », dans plusieurs pays, y compris le mien.... Il est clair que l'absence de violence et de contraintes doit aussi s'appliquer dans la sphère sexuelle de la vie. Cette conférence a clarifié ce que les droits de l'homme doivent signifier en pratique. L'état devient un complice si la violence envers les femmes est considérée comme une catégorie culturelle séparée des comportements sans grande portée pour le monde de la justice et de l'application de la loi.
Il n'est pas évident de changer des attitudes enracinées depuis des siècles, mais celles que je viens de mentionner doivent l'être. Cette tâche requiert une action de la part des gouvernements, des groupes religieux et des organisations privées non gouvernementales. Une plus grande égalité au sein de la famille est une bonne chose pour les hommes, les femmes et les enfants. Les allégations selon lesquelles cette Conférence serait opposée à la maternité et la famille sont complètement absurdes. Aujourd'hui, nous savons que la pauvreté a tendance à être orientée par le genre. Le mythe selon lequel les hommes sont les pourvoyeurs économiques et les femmes sont principalement des mères qui sont là pour prendre soin de la famille a, à présent, été pleinement réfuté.
Les femmes ont toujours travaillé, dans toutes les sociétés et à toutes les époques. Les femmes ont toujours travaillé plus dur que les hommes et - en général - sans rémunération ni reconnaissance. Cette contribution a été essentielle pour les économies nationales ainsi que pour leurs familles, au sein desquelles les femmes ont souvent été le soutien principal. Comme le montre les statistiques, les sociétés ont souvent gardé les femmes à distance. Des femmes qui travaillent 10 à 12 heures par jour dans une agriculture de subsistance peuvent être classées comme « femmes au foyer » dans les recensements nationaux.
Mais ne pas prendre en considération la contribution des femmes dans l'économie a eu des effets plus dévastateurs. D'autres femmes ne peuvent même pas obtenir un prêt modeste pour devenir plus indépendantes et productives. Dans de nombreux pays, les femmes ne possèdent rien ; elles n'héritent de rien et ne peuvent s'offrir de sécurité. De plus, les lois jouent souvent contre elles. Non, les femmes ne vont pas être plus responsabilisées simplement parce que nous voulons qu'elles le soient, mais grâce à des modifications de législation, à une plus grande quantité d'informations et à une réallocation des ressources.
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L'environnement et le développement étaient des sujets cruciaux pour Gro Harlem Brundtland. La Women's Develoment and Environment Organization fait de sa vision une réalité. Découvrez leur travail et regardez leur bourse universitaire et leurs programmes de stage. (anglais)
