28/08/2008 09:49:48
Amazing!! As a visual artist I wish I was there to photograph each participant! Thanks for creating such a great platform.
Anahi DeCanio
DÉMOCRATIE
Dicter la démocratie
Sheryl Oring et "I Wish to Say"
L'art peut-il servir de catalyseur pour susciter les changements de la société? Aux États-Unis, où la liberté d'expression est protégée par le premier amendement de la Constitution, l'artiste newyorkaise Sheryl Oring encourage les citoyens des États-Unis à profiter de cette liberté par le biais de sa performance qui a lieu continuellement, I Wish to Say (J'aimerais dire).
"I Wish to Say est né parce que j'avais le sentiment qu'il n'y avait pas suffisamment de voix qui se faisaient entendre dans ce pays, et j'ai confiance dans les valeurs de la liberté d'expression que notre Constitution nous garantit," écrit l'artiste. "Je me sers de l'art comme d'un moyen de communication et j'ai réalisé de nombreuses œuvres sur différents supports pour étudier les thèmes de la liberté de parole, de l'expression politique et du souvenir. J'aime travailler dans les lieux publics avec des publics qui ne sont pas typiques de ceux que l'on rencontre dans l'univers artistique."
A ce jour, Oring a mis en scène I Wish to Say dans plusieurs dizaines de grandes villes des États Unis, de New York à San Francisco, de Las Vegas à Atlanta, de Flagstaff à Memphis, pour n'en citer que quelques unes. Ses cartes postales nous dévoilent un passionnant panorama de la diversité des opinions politiques et des valeurs des américains. Même si elle n'a pas obtenu de réponse de la Maison Blanche pour les milliers de cartes postales qu'elle y a envoyées depuis 2004, il est évident que I Wish to Say a donné l'occasion à de nombreux américains de s'exprimer, alors qu'ils n'auraient sans doute jamais osé écrire au Président d'eux-mêmes.
"L'art est une forme de communication pouvant toucher des personnes qui ne s'engagent généralement pas en politique," nous dit Oring. "C'est pour cela que je pense avoir un rôle important pour susciter des changements socio-politiques."
Le contenu des cartes est aussi varié que les différents visages des villes qu'Oring a visitées avec I Wish to Say, et les nombreux appels personnels et passionnés que les citoyens américains ont pu adresser au président révèlent un portrait de l'Amérique d'aujourd'hui avec ses multiples facettes.
Comment êtes-vous parvenue à ce concept?
L'idée est née de mon expérience en tant que reporter pour la presse écrite et en tant qu'éditrice, mais aussi de mon expérience de vie à l'étranger de 1997 à 2003. Revenant aux États-Unis après un séjour à Berlin, je me suis sentie déconnectée de la réalité de ce pays. A l'époque en Allemagne, tout le monde pensait que l'Amérique était peuplée de partisans de la guerre et que le peuple, d'une manière générale, soutenait notre politique extérieure. Difficile de trouver des critiques, particulièrement dans les principaux médias. Gardant cela à l'esprit, je me suis mise à étudier ce que pensent vraiment les américains de leur Président, et j'ai tout mis en œuvre pour atteindre des personnes dont l'opinion n'est généralement pas citée dans les principaux quotidiens de notre pays.
Quelles ont été en général les réactions du public à votre présence ? Comment les personnes en provenance des quatre coins du pays ont-elles réagi, y-a-t-il des différences?
La plupart du temps, les gens manifestaient de la curiosité. Ils voulaient savoir ce que je faisais, pourquoi je restais là, assise avec une machine à écrire, habillée en tenue vintage. Certains se montraient suspicieux, et voulaient savoir si je n'étais pas en lien avec un parti politique (ce n'est pas le cas). Certains m'ont dit qu'ils avaient envie d'écrire mais qu'ils avaient peur des conséquences s'ils partageaient leur point de vie avec la Maison Blanche.
Dans certains endroits du pays, les gens étaient vraiment très polis, à tel point qu'ils avaient l'impression qu'ils ne devaient exprimer aucune critique. Je pense à Indianapolis ou à Des Moines par exemple. Mais dans d'autres endroits, comme San Francisco et New York, la plupart des gens se sont assis spontanément à mon bureau, prêt à se lancer dans la communication avec la présidence, et bien souvent, ils étaient très critiques.
Pourquoi vous êtes-vous habillée comme une secrétaire à l'ancienne? Dans quelle mesure pensez-vous que votre sexe et votre apparence ont affecté la perception que le public avait de vous?
La tenue et la machine à écrire visaient à mettre en scène quelque chose d'extraordinaire. Cela pique la curiosité des gens. En général, les passants viennent vers moi et me demandent ce que je suis en train de faire. Et la conversation est lancée, cela serait très différent si c'était moi qui avais l'initiative de lancer la conversation. En bref, la mise en scène aide à briser la glace et à inviter les gens à venir dans un endroit spécial, où ils pourront être entendus et où leurs pensées vont être enregistrées verbatim. Je me suis souvent demandé à quel point la dynamique de la conversation changerait si c'était un homme qui occupait ma place. Je pense qu'il est plus facile, pour de nombreuses personnes, de m'approcher justement parce que je suis une femme.
Les gens ont ils vraiment envie de se faire entendre personnellement du Président? Ne pensez-vous pas que les personnes avaient davantage envie de vous parler à vous que d'écrire au président ?
Les gens avaient vraiment envie d'exprimer leur opinion à la Maison Blanche. Quand ils découvraient mon projet, ils avaient envie de participer dans la mesure où ils comprenaient qu'ils prenaient part à un projet qui les dépassait largement. Il y a également quelque chose d'assez intense et de spécial dans cet instant où les personnes s'installent à mon bureau. Certains m'ont dit qu'ils avaient eu l'impression de vivre une véritable thérapie, je crois que s'ils ont cette impression, c'est que je les écoute avec beaucoup d'attention et qu'ils se sentent véritablement « écoutés. »
Avez-vous l'impression que la liberté d'expression est en danger pour les citoyens des États Unis? Et plus particulièrement, pensez-vous qu'il est important, spécialement pour les femmes, de se faire entendre?
J'ai rencontré des personnes qui avaient peur de s'exprimer parce qu'ils sentaient qu'en le faisant, ils se mettaient en danger. Le fait est que nous avons créé un environnement de partage, et cela me touche beaucoup. En effet, les femmes sont sous-représentées dans la plupart des fonctions de pouvoir, et j'ai senti qu'il était très important pour elles de trouver des moyens pour se faire entendre.
Sheryl Oring travaille actuellement sur une exposition basée sur I Wish to Say qui sera exposée au McCormick Freedom Museum in Chicago du 15 novembre au 29 janvier. Pour plus d'informations sur ce projet, rendez-vous sur www.iwishtosay.org, et lisez le blog d'Oring où elle raconte son expérience : http://iwishtosay.blogspot.com/. Le livre de son projet est disponible sur http://www.neoflix.com/store/i%20w81.
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28/08/2008 09:49:48
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Anahi DeCanio
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Dora María Tellez, responsable sandiniste légendaire et activiste politique a commencé une grève de la faim illimitée le 4 juin 2008 pour lutter le président actuel du Nicaragua, Daniel Ortega pour ses mesures autoritaires. Pour en lire plus sur son histoire et pour exprimer votre soutien à son combat. -Anglais, Espagnol