ORGANISATION

Conférence de 1878

La Longue Histoire de la Lutte des Femmes pour l’Egalité

Un salaire égal pour travail égal, des subventions gouvernementales pour les familles, la politique du foyer et le double standard moral qui existe pour les hommes et les femmes--tous ces sujets sont courants dans les discussions actuelles sur le genre. Mais ces sujets étaient également au centre des inquiétudes des femmes qui assistaient au premier congrès international pour les droits des femmes à Paris il y a plus d'un siècle.

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Maria Deraismes (1828-1894). Coorganisatrice du Congrès international du droit des femmes de 1878. Agrandir >
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Leon Richer (1824-1911). Avec Maria Deraismes, partisan féroce des droits des femmes et coorganisateur du Congrès international du droit des femmes de 1878.
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L'Exposition Universelle de 1878 a présenté des réalisations scientifiques comme le ballon géant de Henry Giffard, capable de transporter 52 passagers. Photographié dans les Tuileries, Paris. Agrandir >

Sujets de Discussion Familiers

Les organisateurs du premier congrès international sur les droits des femmes ont organisé leur réunion pour qu'elle coïncide à un autre événement historique présent à Paris, l'Exposition Universelle de 1878, une exposition mondiale qui a attiré les visiteurs et les présentations de toute l'Europe, des colonies britanniques et des Etats Unis.

Tandis que le public était électrisé par les démonstrations de nouvelles inventions telles que le téléphone, la lumière électrique et le phonographe, un groupe de féministes plantait les semences du premier mouvement international pour la promotion des droits des femmes.

Les féministes français Leon Richer et Maria Deraismes, fondateurs du périodique Le Droit des femmes: Journal politique, ont planifié le congrès sur une période de deux semaines pendant cette exposition mondiale. Des représentants de six pays différents (France, Suisse, Italie, Hollande, Russie et Etats-Unis) constituaient le comité hôte. Cette réunion a attiré un petit groupe de dignitaires français, de politiciens, de journalistes et de délégués de plus de 11 nations.

Anna-Maria Mozzoni, fondatrice du mouvement féministe italien, a donné le discours d'ouverture. Parmi les participants, on comptait Elisa Van Calcar des Pays Bas, Carl et Sophie Van Bergen de Suède, et des participants masculins du Brésil, de Russie et de Roumanie. Une cohorte d'Américains a également participé à l'événement, parmi lesquels Julia Ward Howe de Boston, qui fut nommée co-présidente honoraire, et Theodore Stanton, fils de l'activiste pour le droit de vote Elizabeth Cady Stanton.
Ce congrès a marqué une nouvelle étape dans le développement d'un réseau vraiment international des activistes féministes, cimenté lors du banquet final par le toast d'Antide Martin: "A la persévérance internationale des partisans du progrès!"

Controverses sur le Droit de Vote des Femmes

Les organisateurs du congrès ont divisé le programme en cinq sections : histoire, éducation, économie, morale et législation. Ils ont délibérément évité de discuter du droit de vote des femmes, mais ont abordé de nombreux sujets controversés, notamment la prostitution régulée par le gouvernement, la syndicalisation et la relation de la subordination des femmes. Publiés, les comptes-rendus de ce premier congrès ont été largement diffusés et peuvent encore être lus avec intérêt aujourd'hui.

L'exclusion du problème du droit de vote de l'agenda du congrès de 1878 a provoqué des objections, en particulier de la part du contingent français. Depuis la révolution de 1789, les Françaises avaient fait pression au côté des hommes pour un gouvernement représentatif et des droits politiques.

Hubertine Auclert, éditrice du mensuel, a par la suite publié le discours qu'elle n'avait pas pu donner au cours de cette réunion. Dans un appel éloquent, elle a mis en évidence toutes les raisons pour lesquelles les Françaises--les neuf millions d'entre elles-- devraient pouvoir voter:

« Mesdames, il faut bien nous le dire, l'arme du vote sera pour nous, ce qu'elle est pour l'homme, le seul moyen d'obtenir les réformes que nous désirons. Pendant que nous serons exclues de la vie civique, les hommes songeront à leurs intérêts bien plutôt qu'aux nôtres.»

Elle s'est adressée à ses compatriotes masculins « abdiquez votre royauté masculine... Jusqu'à ce que vous ayez reconnu le droit complet des femmes : droit civil, droit politique, votre lutte pour conquérir une plus grande somme de liberté ne pourra paraître aux témoins impartiaux et à nous, moitié de l'humanité lésée, qu'une querelle de despotisme à despotisme. »

Un Comité Permanent est Formé

Cette conférence s'est clôturée par l'annonce de la création d'un comité international permanent et un grand banquet auquel ont assisté environ 200 invités. Comme Theodore Stanton le décrit dans son ouvrage History of Woman Suffrage, "Le rôle principal de ce comité consistait à promouvoir l'avancement des réformes demandées par le congrès et à émettre l'appel pour la réunion suivante. »

Emily Venturi a résumé l'agenda ambitieux de ce comité avec cette anecdote lors banquet de clôture:

« Hier soir, un monsieur qui paraissait un peu sceptique quant aux avantages de notre Congrès, me demandait : -- ‘Eh ! bien, madame, quelle grande vérité avez-vous donc proclamée au monde ?' Je lui ai répondu : -- ‘Monsieur, nous avons proclamé que la femme est un être humain.' Il riait. - ‘Mais, madame ; c'est une platitude. - ‘C'est vrai ; mais quand cette platitude que tout le monde accepte en souriant quand il s'agit de mots seulement, sera reconnue par les lois humaines, la face du monde sera transformée : il n'y aura, certes, plus besoin de nous assembler en Congrès pour revendiquer les droits de la femme. »

Pour en apprendre plus sur les femmes dont l'action politique a changé le cours de l'histoire, visitez le blog d'I.M.O.W. Clio Talks Back.


Adapté de l'œuvre de Karen Offen, European Feminisms 1700-1950: A Political History (Stanford University Press, 2000). Citations du Congrès international du droit des femmes. Ouvert à Paris, le 25 juillet 1878, clos le 9 août suivant. Actes et Compte-rendu des séances plénières (Paris: Aug. Ghio, c. 1878), p. 195; "Discours de Madame Venturi," ibid., p. 202 ; et Hubertine Auclert, Le Droit politique des femmes, question qui n'est pas traitée au Congrès international des femmes (Paris, 1878). Traduit dans Women, the Family, and Freedom: The Debate in Documents, ed. Susan Groag Bell & Karen Offen (Stanford University Press, 1981), pp. 142, 515.

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