ENVIRONNEMENT
Visualiser le Cancer du Sein
Cette Oeuvre Murale Itinérante Souligne les Liens Environnementaux
Un sein révèle les histoires de femmes confrontées au cancer du sein pour dénoncer la menace des toxines environnementales sur la vie des femmes.
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Cette aréole devient un cercle de femmes rassemblées autour du monde.
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Un homme berce une femme mourante, dont la mort est liée à la pollution des centrales électriques, aux toxines et aux poisons des pesticides chimiques.
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Une a
rmée de femmes
fait d'une seule poitrine marchent pour faire prendre conscience de cancer du sein.
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Des communautés de couleur se rassemblent pour lutter contre les pesticides, les déchets toxiques et les armes nucléaires pour "stopper le cancer où il commence".
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Images de ce que les gens peuvent faire individuellement et collectivement pour amener une vie plus saine pour eux et pour leurs communautés.
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Des douzaines d'autres visages, de scènes et de mots remplissent cette œuvre murale itinérante intitulée
Who Holds the Mirror? Breast Cancer, Women's Lives and the Environment. Mais si vous reculez un peu, cette peinture de 3m sur 3m65 représente l'image d'un sein. Conçue par l'activiste américaine, Beth Sauerhaft, cette oeuvre demande littéralement et métaphoriquement, "Quand nous sommes confrontées au cancer du sein, à nos vies et à notre environnement, que voyons-nous?"
Beth Sauerhaft a fondé le Breast Cancer Oral History Action Project (BCOHAP), basé dans la Baie de San Francisco, pour rassembler des histoires d'expériences de femmes qui ont été confrontées au cancer du sein. Ces histoires multilingues ont alors été illustrées par l'artiste murale Miranda Bergman: "j'ai pris les idées et les images qu'elles souhaitaient et j'ai réalisé ce dessin d'un sein pour les contenir toutes".
Aux Etats Unis, on a constaté un taux de mortalité du cancer du sein significativement plus élevé chez les femmes aux faibles revenus. Ces femmes sont aussi plus susceptibles de vivre dans des régions où elles sont exposées à des taux plus élevés de toxines environnementales liées au cancer du sein.
Les femmes les plus atteintes sont souvent des femmes de couleur, qui bien souvent n'ont pas l'anglais comme langue maternelle et ont un faible niveau d'alphabétisation. Les statistiques du gouvernement américain indiquent que les femmes afro-américaines constituent le groupe racial ou ethnique qui connaît le taux de mortalité du cancer du sein le plus élevé aux Etats Unis. Le cancer du sein est aussi la cause principale de cancer chez les femmes d'origine hispanique. Les seules exceptions semblent être parmi les Amérindiennes, bien que la American Cancer Society fait remarquer qu'il est probable que de nombreux cas de cancer du sein parmi ce groupe ethnique ne soient pas rapportés.
Beth Sauerhaft explique que sans les services adéquats, les informations et l'accès aux soins de santé, de nombreuses femmes confrontées à la barrière de la langue ne sont pas à l'aise avec les médecins et les comprennent mal. En résultat, les femmes des populations marginalisées sont moins susceptibles de subir un dépistage, d'être diagnostiquées, d'être traitées et donc, plus susceptibles de mourir du cancer du sein. Ces facteurs ont motivé Beth Sauerhaft à fonder le BCOHAP.
"Au milieu des années quatre-vingt-dix", explique Beth Sauerhaft, "il n'y avait que peu, voire pas de ressources disponibles pour les femmes de couleur en ce qui concerne le cancer du sein ». Donc elle s'est inscrite comme « chercheuse » pour aider un groupe de femmes à faibles revenus, elle devait interviewer d'autres femmes à faibles revenus et d'autres femmes de couleur à propos de leurs expériences avec le cancer du sein.
Ces "chercheurs" ont rassemblé des récits de participantes dans leur langue maternelle : espagnol, mandarin, cantonnais et anglais. Beth Sauerhaft explique, "L'idée de le recherche participative est que chaque personne est experte sur les conditions affectant sa propre vie".
De nombreuses femmes dépeintes dans cette oeuvre murale sont en fait des vraies participantes du BCOHAP, des chercheurs, des survivantes du cancer du sein, ainsi que des éducateurs en matière de santé et des activistes qui ont inspiré le projet. Beth Sauerhaft décrit cette oeuvre murale comme "un récit narratif du système médical occidental qui traite les corps comme des machines qui doivent être réparées et traite l'establishment médical comme des experts".
Face au Miroir
Depuis plus de dix ans, Who Holds the Mirror? a voyagé à travers les Etats Unis, s'arrêtant dans des universités, à des conférences, dans des organisations de santé et des organisations culturelles ainsi que dans des ONG, afin de générer le dialogue à propos de la santé des femmes, de la justice environnementale et du pouvoir de l'action collective.
Ce projet a inspiré les participants et le public à un niveau personnel et politique. "Quand je vois cette oeuvre murale, je suis fière de ce que nous avons fait", déclare Maria Nakata, l'une des chercheuse de BCOHAP. "Je trouve que c'est une expérience très forte que de voir toutes ces femmes dans cette œuvre murale parce qu'elles ont accepté de partager leurs expériences pénibles avec nous. Elles m'ont aidée à ouvrir les yeux sur les dangers des produits chimiques auxquels nous sommes exposés dans notre environnement".
Andres Muro est Directeur du Adult Literacy Center de El Paso, Texas: "Cette oeuvre murale a beaucoup aidé ici à El Paso, où nous travaillons sur la frontière avec des travailleurs agricoles et des personnes employées dans d'autres secteurs, pour vouloir s'impliquer plus dans les problèmes de santé et de justice environnementale, et informer les gens sur ces sujets dans notre programme".
En 2008, une Américaine sur huit sera diagnostiquée comme souffrant d'un cancer du sein au cours de sa vie et 60 pourcents des cas diagnostiqués ne présenteront aucun des facteurs risques personnels "connus". Cependant, peu de recherches se sont concentrées sur les liens environnementaux liés à cette maladie. En fait, tandis que les fonds fédéraux américains consacrés à la recherché contre le cancer du sein ont augmenté au cours des dix dernières années, moins de trois pourcents de ces fonds ont été consacrés à examiner les liens environnementaux avec la maladie.
Avec un nombre de cas de cancer du sein en augmentation, cette oeuvre murale est toujours un outil important dans la communication des liens inextricables qui existent entre le cancer du sein et l'exposition à des toxines environnementales. Who Holds the Mirror? met la sagesse des femmes au centre de l'attention, des femmes qui sont trop souvent exclues de la conversation.